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Suite à une émission sur le chewing-gum diffusée sur ARTE, j’ai décidé de jouer avec quelques idées sur le sujet. Cela pourrait être utilisé dans une induction.

Cela vous rend curieux … et c’est tant mieux. Je vous promets de vous faire saliver.

Tout d’abord, il semble que le chewing gum soit le seul produit qui puisse atteindre nos 5 sens (un peu comme le sexe, quand c’est bien fait). Que celui qui n’a jamais goûté à un chewing-gum lève le bras. OK, on y est tous passés. Il y a même un fabricant qui a essayé d’en saisir l’effet comme annonce marketing.


Des goûts intenses pour stimuler vos 5 sens :  Les chewing gum 5 Sens de Wrigley.

Vous vous souvenez du VAKOG, nos 5 sens. Ça vous dit de l’essayer avec le chewing gum ? On y va.

Petit exercice optionnel, repérez chacun des mots liés au VAKOG. J’en ferai bien un MP3 , afin que vous puissiez saliver les yeux fermés. (Le praticien prendra le soin de passer d’un sens à l’autre, ici je tente de regrouper les points par chronologie).

Avant

Rien que dans le comportement de chacun, il y a une grande différence entre ceux qui vont exprès d’acheter du chewing gum par besoin et qui entrent dans le magasin et choisissent longuement, ceux qui font un achat d’impulsion en attendant à la caisse, et enfin ceux n’en mangent que par opportunité, quand quelqu’un leur en propose.

En plaquette,gum_tab

Ici, en fonction du type de gum, vous trouverez un emballage plein de couleurs, ce produit finement garni, surtout les tablettes, vendues par 3 ou 5, sous film plastique transparent que l’on ouvre délicatement pour ensuite séparer chacun des paquets. Ce file rouge qui permet de les ouvrir facilement, laissant sortir les petites languettes. Vous savez déjà qu’en dessous, avant même de l’avoir vue, se trouve une pâte rose, verte ou jaune, tendre et blanchâtre, avec une fine poudre dessus.

 

Les boules,gum_ball

Enfant, de loin vous regardez ces distributeurs à pièce. Avec toutes ces billes de couleurs et cette carrosserie rouge du distributeur. Harcelant, papa, maman ou bien les grands-parents pour avoir le sésame qui délivrera cette bille sucrée de couleur. Il arrive que, par préméditation, une pièce, chipée, méritée ou bien trouvée, soit déjà dans votre poche .

Quand ce sont « les boules », généralement vives, éclatantes. Des couleurs comme à la fête. Ronde comme une bille. Nous demandant si l’intérieur est creux ou pas.

 

Tablettes ou pastilles,

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Ceux en tablette (ou pastilles) sont blancs brillant, comme de la nacre, rectangulaires, bombés. L’emballage, comme une boite de médicaments, un côté transparent, l’autre en aluminium. Le précieux est dans sa capsule, prêt à percer l’opercule, avec un bruit agréable. Tiens, ceux-là, ils sont de quelle couleur sous leur robe nacrée ?

(Vous venez de déglutir, vos sens sont en éveils, vos yeux attendent la suite)
Vous ouvrez l’emballage, la boîte, le paquet, la tablette, ou vous tournez la molette du distributeur après y avoir glissé une pièce. Vous vous souvenez aussi de la pub Hollywood … « Fraicheur de vivre … » (votre regard a quitté ce texte quelques secondes et a été vers la gauche … souvenirs, souvenirs).

Ceux qui sont en tablette se déballent et vous laissent une fine feuille entre les doigts. Qu’allez vous en faire? La plier soigneusement, la rouler en boule?

Vous tenez votre plaisir dans vos doigts, il passe sous votre nez. Vous savez, vous imaginez déjà le parfum de la chose.

Pendant

gum_bouchePas encore sur la langue. Juste serré entre les dents.

Ça y ‘est, enfin. Mâcher, mordre, mastiquer, écraser. Voilà tout un programme.

Fraise, Citron, Menthe, Poivre (il y en a).

Vous allez le savoir dans une fraction de seconde. Mais votre cerveau pétille déjà.

Haleine fraîche. Goût. Nez qui se dégage par les parfums. Les papilles gustatives qui vibrent. La salive qui monte encore plus, et qui se gorge de toutes les saveurs libérées par le travail des mâchoires et des dents, pour le plus grand plaisir du palet. Les premiers instants d’un chewing gum sont un feu d’artifice qui explose dans l’intimité de la bouche.

Les pupilles qui se dilatent pendant une fraction de seconde.

Calme est sur votre visage. Moment intense et personnel, vous êtes complètement à l’écoute de cet objet. Un sourire apparaît.
La dureté de l’objet, une fois dans votre bouche s’assouplit doucement, et s’étire, se tord, mais ne casse jamais. Toujours flexible et élastique.

Récemment, certaines marques ont ajouté une substance liquide au cœur du chewin gum. Cela vous donne trois sensations différentes … sinon plus. Pas besoin de les imaginer, il suffit d’écouter ses sens.

La coque de sucre, que l’on brise en premier laisse pendants quelques instants des éclats se briser dans la bouche, mais ces derniers se dissipent assez rapidement. Ensuite l’on passe à la gomme encore dure, tendre, ferme. Enfin dans certain d’entre eux le coeur le liquide se met à couler, au gout parfois surprenant et inattendu. Le parfum nous envahi. Pas très longtemps.

Le ressenti, la sensation est alors similaire à celle d’un grain de raisin que l’on croque. Un raisin moderne et technologique. Un grain de couleur. C’est une sensation qui s’adresse à différentes parties de notre corps. Le dur communique avec les dents et la langue, le mou et la tendresse avec les dents et les muscles de la mâchoire et le liquide, directement avec le fonds de la langue et jusque dans la gorge. Pour finir, le frais de la menthe ou de la fraise salue les poumons et le nez.

Une fois la gomme chaude, les muscles de votre mâchoire vont s’activer, tout comme la salive. Déglutition. Vos faites des séries, comme en musculation, mais tout en favorisant de façon inconsciente un côté de votre bouche, de votre mâchoire et de vos joues. Mâcher. Malaxer. Les muscles sont aussi chauds. Le travail est en place. Le moteur de la mastication tourne. Le sucre et le goût ont envahi vos sens. Mâcher.

Vous entendez le bruit de la salive dans la bouche, le glissement de vos muscles de la mâchoire. La pression de vos dents.

gum_endDans votre bouche, vous ne le voyez pas, alors parfois vous le sortez pour l’observer, le triturer, le malaxer. L’œil curieux. La bouche vide. Vos doigts sont curieux eux aussi. Le bout de gomme difforme mais compacte est chaud, humide, il est temporairement une partie de vous. Un organe de plaisir amovible.

Vous le malaxez, il résiste et tente de s’aplatir. Vous l’étirez, loin. Vous testez sa souplesse et son efficacité. Il semble toujours OK pour retourner dans votre bouche.

Vos doigts et votre regard arrivent à savoir le taux de sucre de l’individu coincé entre le pouce et l’index. Sa couleur pâle est toujours stable.

Par provocation vous mâchez devant vos parents, vos profs… non, c’est purement que vous l’avez oublié dans votre bouche et vous constatez l’air réprobateur de la personne face à vous. Manque de respect, affrontement, liberté … vous le savez. Votre bouche bouge dans tous les sens et parfois vos dents apparaissent et vous avez le sourire en coin. Par plaisir, ou c’est simplement mécanique.

Parfois ce n’est pas vous qui mastiquez, mais une jolie fille ou un gars qui semble cool, décontracté ou bien abruti, comme une vache. L’image du ruminant vous vient en tête. Ce n’est effectivement pas un signe d’intelligence, mais plutôt une relaxante hypnose masticatoire.

Des souvenirs de séduction ? Votre partenaire en avait un juste avant de vous embrasser. Comment distinguer maintenant le goût du baiser ? Est-ce mieux ainsi ? Certains d’entre vous ont même un jour fait un échange. Oui, à ce moment-là, ce n’est plus un bout de gomme, mais bien un objet sensuel.
Une bulle ? Vous savez en faire ? Une petite qui claque, ou une grosse rose qui se disloque en se déchirant et en s’écrasant sur le visage.
Mastiquer, mâcher, déglutir, mâchouiller, mordre, encore et encore.

Vous le cachez entre votre joue et vos dents, sous la langue, ou vous l’affichez en le mordant entre vos incisives.

Après un certain moment, il n’a plus de goût, vos mâchoires sont tendues car un peu trop sollicitées. Que faire ? L’avaler et le sentir glissé dans votre gosier et vous rendre coupable à cause de toutes ces histoires que l’on vous a racontées quand vous étiez petit. « N’avale pas ton chewing-gum, au sinon il va rester collé à l’intérieur ». Si vous l’avalez, vous serez plus fort que les « on dit » … si vous le crachez, vous vous sentirez plus libre de cette chose pour laquelle vous n’avez plus d’affection.

Toujours dans la bouche, vous ne le voyez pas. Plus tard, sans goût, vous n’en voulez plus. Une dernière fois vous vous en saisissez, vous le torturez et vous le jetez/collez/emballez … (au choix). Il sera de toute façon une empreinte de votre ADN perdu.

Moi je l’ai avalé, pour ne laisser aucune trace.

Après

Certains se trouvent sous un banc ou le dessous d’un bureau d’écolier.

Le fautif ‘sest collé en pastille par terre, sec il vous laisse tranquille. Récent, encore frais, il ne souhaite que vous coller aux basquets et laisser une marque adhésive à votre semelle, tel un tag génétique d’un inconnu.

Voilà j’espère vous avoir fait passer un moment agréable et plein de souvenir.

Note : Il devient assez facile d’orienter la personne vers un scénario sur une thématique VAKOG spécifique. De plus, comme le sujet est vaste, il est possible de glisser quelques suggestions positives.

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