shadow

life_in_a_bottle

A propos de la relation thérapeute / patients / les gens. 

Quand j’étais tout petit, un proche parent m’a montré un truc amusant avec un pommier et une bouteille. Au printemps, quand une pomme sur l’arbre est encore très petite, il est possible de prendre une bouteille et d’y placer la pomme dedans et d’ensuite attacher le tout à la branche, pour plusieurs semaines.

La pomme, ou la poire se développe alors à l’intérieur de la bouteille. Plus tard, la pomme est détachée délicatement de la branche et cela devient  – pour beaucoup – un mystère ou une curiosité quant à la façon dont la pomme, plus grosse que le goulot, a pu être mise dans la bouteille.

C’est dans cet esprit que j’ai rencontré mon premier dilemme éthique. A la mer en Bretagne, tel un enfant, c’est en explorant quelques flaques à marée basse, que j’ai trouvé une vieille bouteille submergée. A l’intérieur vivait un crabe qui était beaucoup trop grand pour sortir de la bouteille. J’ai tout de suite compris comment il en était arrivé là, mais il a été confronté à mes responsabilités.

  • Si je laisse le crabe dans sa prison de verre, il resterait loin du danger, mais serait très limité en tout.
  • Si je l’aide à en sortir, alors il retrouverait toute sa liberté, avec les conséquences qui en résultent. Choix, dangers, confrontation a l’autre, nourriture plus variée, interactions forcées, … Il pourrait aussi ne pas avoir les compétences pour survivre.

Quelle que soit ma décision, le fait de l’ignorer serait déjà un choix, une négligence de ma part.

C’est un dilemme auquel font face de nombreux thérapeutes et praticiens en PNL et c’est une source de grande frustration.

Nous constatons les changements possibles chez les autres – ceux qui ne sont pas nos clients. Ces changements qui leur permettraient d’améliorer leur vie, juste parce qu’ils ne sont pas capables de le voir par eux-même. Il n’est pas inhabituel de rencontrer des praticiens PNL qui veulent à tout prix appliquer leurs théories sur des amis, collègues et connaissances qu’ils rencontrent – tel des missionnaires convaincu – , et ce afin de changer le monde et de rendre tout le monde plus heureux.

Les gens, tout comme le crabe, n’ont rien demandé et ne souhaitent même pas que l’on évoque la question relative à leur bouteille. Rappelez votre rôle, proposez au mieux un changement de perception et ils viendront vers vous si le besoin s’en fait sentir, s’ils souhaitent devenir votre patient.

 

Texte inspiré d’un extrait  du livre « The Rainbox Machine » (chapitre : ‘Le zele du missionnaire’).

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *