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choixDans la continuité des posts précédents sur la thérapie provocatrice et ses différentes composantes, permettez-moi de vous présenter ‘le choix binaire’.

Cette approche ne permet au patient QUE deux choix et ceux-ci sont présentés de façon ridiculement polarisée et exagérée.

Lors de cette phase, je fais en sorte que le patient décide du camp qu’il souhaite tenir et de lui demander de rester fixé sur ​​une seule des deux possibilités. Je refuse de tolérer n’importe quelle rétroaction qui comprendrait des expressions telles que « peut-être », « il est possible que », « probablement » et d’autres termes si vagues. Cette approche est souvent utilisée pour générer des états utiles de confusion chez le patient et permettre ainsi de l’aider à changer son vieux modèle de comportement, de sortir de ce modèle noir ou blanc.

En réalité, « avoir le choix, c’est d’avoir plus de deux options ». 

Un exemple : si le patient est dans une idée telle que « Les gens sont tous méchant au fond d’eux, on ne peut leur faire confiance ».

Je peux utiliser plusieurs éléments de la phrase et travailler en binaire dessus, ne montrer avec exagération que le point de vue que le patient a voulu présenter. Il dit NOIR, je travaille sur le NOIR, et ses extrêmes.

  • « Tous »
    • « TOUS les gens sont méchants ? Restez sur cette idée et continuez à développer »,
    • « C’est bien TOUS ?! sans exception ?! ».
    • « Y a t’il une exception ? ou c’est certain à 100% »
    • « Avez vous trouvez de la litterature scientifique dessus, il y en a certainement »
    • « Cela a toujours été comme cela, tout le temps ?! »
  • « On ne peut leur faire confiance »
    • « Personne ne peut être de confiance, jamais, à aucun moment ?  donnez-moi aux moins trois exemples » …
    • « Votre mère est une personne dont vous n’avez pas confiance ?! »,
    • « Un enfant ?! »,
    • « Votre facteur peut-être ?! »,
    • « Et en vous-même ?! ».
    • « Il ne vous est jamais arrivé de confier des clés à quelqu’un ?, et une tâche ?! »
  • « Au fond d’eux »
    • « Et pas en surface, juste et seulement au fond ?! »
    • « Ou ça au fond ? A gauche, à droite ? »
    • « C’est toujours présent à cet endroit ? »
    • « Comment vous-vous en apercevez, c’est systématique et vous aller chercher cela toujours au même endroit ? »

Evidement cela peut durer un certain temps. Il ne faut faire ce travail que dans un context où l’on est certain que c’est lié à la problématique du patient, au sinon, c’est une pure perte de temps. Le but est de réduire, de fracturer cette phrase initiale et de lui faire perdre son sens. Cette vue binaire qui est imposée forcera le patient à lui même mettre des nuances, quitte à trouver la problématique absurde.

« Les esprits formés par un mode de connaissance qui répudie la complexité, donc l’ambivalence, ne savent concevoir l’ambivalence inhérente à l’activité scientifique, où connaissance et manipulation sont les deux faces du même processus. Plus généralement, la mentalité formée à un mode de pensée binaire, qui exclut l’ambiguïté, ne peut concevoir que la science soit à la fois bonne et mauvaise , bienfaisante et perverse, utile et néfaste. »

La Méthode : Tome 6, Ethique – Edgar Morin

Comments

  1. Chama    

    Bonjour,
    Une question de novice : cette méthode permet surement un prise de conscience, mais ne provoque t’elle pas chez certains, une résistance encore plus forte, une sorte d’attitude « passive agressive », du style « quoi? le thérapeute ose me remettre en question? Il va voir !! » et du coup, de s’enfoncer encore plus dans le schéma….
    Merci, bonne continuation

    1. Js Opdebeeck    

      Merci pour le commentaire.

      Cette composante, comme toutes celles de la thérapie provocatrice, dure le temps que le patient réalise à quel point son idée est limitante et peu adaptée à la réalité, ce n’est en aucun cas le contenu unique d’une séance (ce serait dramatique, triste et peu intéressant).

      Je t’invite à lire le post d’introduction de cette méthode : http://www.snap-hypnosis.com/2013/12/therapie-provocatrice-intro/ , car oui, il faut pousser les limites sans être agressif.

      La remise en question ne vient pas du thérapeute, mais du patient. Le thérapeute se borne juste à amplifier le choix du patient à un point ou ce dernier se doit de déconstruire ou de reformuler sa propre croyance.

      Si le patient réagit avec un “quoi? le thérapeute ose me remettre en question? Il va voir !!”. D’abord, garder le bon rapport. Cela montre clairement qu’un point est ‘touché’ et qu’il va falloir creuser. Cela peut être effectivement juste par défiance ou bien à cause du contenu de la phrase. Quel contenu, Pourquoi cette défiance ? Une question en appelle d’autres et c’est le but. En aucun cas le thérapeute ne devient conseillé, il se doit de poser les – bonnes – questions.

      Js

      1. Sylvie    

        Bonjour,

        Merci pour la réponse rapide et claire !

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