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germinationEn thérapie, il est souvent suggéré au patient de se créer une dynamique de changement, de planter la graine et de laisser germer cette nouvelle opportunité.

« L’homme mérite qu’il se soucie de lui-même car il porte dans son âme les germes de son devenir. »
de Carl Gustav Jung

Personnellement, j’aime bien cette image, cette métaphore, mais il est nécessaire de revenir un peu à la réalité du jardinage …

Que fait le jardinier (le pépiniériste ou l’horticulteur) expérimenté dans la pousse des plantes afin d’être certain du résultat désiré ? Obtenir l’objectif souhaité.

Eh bien, « il », le bon jardinier tout comme le patient, ne plante pas une graine…

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  1. Il fait d’abord son choix sur l’objectif et sa nature. Il ne choisit pas n’importe quelle graine. Mais décide d’avance si ce sera des tulipes, des roses, des courgettes, un prunier ou bien un cèdre. Obtenir une fraise ou une forêt ne nécessite pas le même travail (thérapeutiquement parlant).
  2. Il trouve ensuite un terrain si possible idéal et propice (c’est l’écologie),
  3. Il plante beaucoup de graines afin de garantir un résultat optimum et réduire le taux d’échec. L’échec est possible, il est nécessaire d’ouvrir le champ des possibilités afin de permettre la réussite,
  4. Il varie la nature des semences, là encore, pour augmenter son taux de réussite,
  5. Et une fois qu’un résultat est obtenu il s’arrange pour donner le plus de chance aux pousses de son choix. Il se concentre sur l’objectif quitte à lui faire de la place.

 

 

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En tant que praticien, j’aime laisser ouvert les possibilités sans être vague. Il est bon de considérer la suggestion ( planter une graine ) puisse échouer  – trop restrictif, être la mauvaise graine, le patient est très « cartésien », ou alors la suggestion n’est pas la plus adaptée à l’instant donné. Permettre au patient de verser un sac de graines et d’en faire un gazon et tout aussi bon, tout comme lui laisser le choix de créer un champ de coquelicots ou bien une friche rebelle. D’autres préfèreront un vignoble sur un coteau ensoleillé ou un rosier (boutures), ou bien planter un futur baobab ou un sequoia majestueux, ou juste des ‘patates’. Restez créatif, une algue marine pousse très bien aussi.  Ce qui compte c’est que la métaphore convienne au patient, qu’il se l’approprie.

Si le patient aime jouer dans cette créativité, il est intéressant de comprendre son choix. Cela vous apprendra à respecter sa symbolique et à travailler avec. Un bambou pousse vite et devient touffu, un fleure peut éclore en quelques jours, un chêne est fort et robuste, mais nécessite du temps.

Parfois rien ne doit germer, juste se réconcilier ou se lier. Quoi de mieux dans ce cas que de finir la séance sur la force, la ténacité et la symbiose du lichen.

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