shadow

stroop1La question revient souvent: En séance, en auto-hypnose, est-ce-que je suis réellement en « hypnose ». Je ne sais pas où se situe la frontière ?

Alors que nous proposons généralement au patient ou en hypnose urbaine certaines preuves tels que « les yeux que vous ne savez pas ouvrir« , le « test de la main collée« , le « bras qui ne peut pas se plier« , … , je vous propose de faire un test différent, plus systématique, stable dans le temps, et aussi mesurable (et que vous pouvez imprimer).

Conscient vs. inconscient

C’est ici qu’intervient le test de Stroop. Il va démontrer qu’en transe, les choses ne suivent pas le même chemin. Le test de Stroop désigne l’interférence produite par une information non pertinente lors de l’exécution d’une tâche cognitive. La difficulté à ignorer, ou de « filtrer », l’information non pertinente se traduit par un ralentissement du temps de réaction. Et là, en plus de l’effet amusant ;-), c’est aussi très démonstrateur du changement qui s’opère en profondeur lorsque l’on est en hypnose.

Comment ?

Bien installé (le mieux c’est d’être accompagné), équipé d’un chrono.

Document ici, en Français: « Effet Stroop » (exercices sur les couleurs, modèle de mots, exercice, contrôles)

Vous devrez prononcer à voix haute des noms de couleurs ou lire à voix haute les mots qui vous seront présentés. Faites de votre mieux pour arriver en bas des images le plus vite possible et sans faire d’erreur (auquel cas, rectifiez tout de suite!) – Le nom des couleurs doit être – si possible – dans la langue qui vous est la plus familière.

Faites l’exercice en état « normal » puis dans un état « d’hypnose », et mesurez le temps pris pour l’exercice.

Vous trouvez la tâche compliquée ? C’est normal, vous faites face à l’effet Stroop : il serait plus facile de nommer la couleur d’un mot lorsque celle-ci concorde avec la signification du mot. Autrement dit, vous aurez moins de difficultés à dire que le mot « jaune » est jaune lorsqu’il est effectivement écrit en jaune, que s’il est écrit en vert.

Trois hypothèses explicatives

Si vous êtes fatigué, vous pouvez arrêter ici. C’est maintenant la partie hypnothèses.

En psychologie (et dans pas mal d’autres disciplines scientifiques), tout est affaire d’hypothèse : lorsqu’un phénomène est observé, on tente ensuite de l’expliquer par des scénarii hypothétiques. Dans le cas de l’effet Stroop, trois hypothèses principales ont émergé.

  • L’hypothèse de la vitesse relative : ici, l’effet Stroop est expliqué par la « vitesse de traitement ». Selon cette hypothèse, les deux dimensions (linguistique, lire un mot, vs. dénommer la couleur) sont traitées en parallèle et en même temps – l’interférence apparaîtrait lorsque la dimension linguistique « gagne la course ». Dans ce cas, le traitement de la couleur intervient dans un deuxième temps, après une « période réfractaire ». L’hypothèse de la vitesse relative a toutefois été largement discutée et remise en question: si la vitesse de traitement explique l’interférence, on pourrait penser que présenter une couleur avant l’apparition du mot (par exemple, si l’on vous fait visualiser un rond jaune avant le mot « bleu » que vous devrez lire), vous devriez traiter la couleur avant de lire mot – autrement dit, la forme jaune devrait interférer et freiner l’activité de lecture. Mais ce n’est pas le cas… Ce qui ébranle la totalité de l’hypothèse !
  • L’hypothèse linguistique : tentons de faire simple. Dans cette hypothèse, l’effet Stroop serait dû à « l’architecture cognitive » : les deux tâches (lire un mot vs. dénommer une couleur) utiliseraient des itinéraires cognitifs différents, et la tâche de dénomination impliquerait une étape supplémentaire par rapport à la tâche de lecture… En fait, pour la dénomination, nous n’accéderions pas directement à notre « lexique mental » et nous passerions par la « mémoire sémantique » (où sont « stockées » les significations, les concepts,…) – c’est l’étape supplémentaire. L’hypnose semble jouer ici.
  • L’hypothèse d’automaticité: En gros, cette approche complète l’hypothèse précédente et considère que l’activité de lecture est automatique, alors que l’activité de dénomination ne l’est pas. Selon ce point de vue, l’activité de lecture est « automatique », donc involontaire, réalisée sans attention particulière : nous avons tellement l’habitude de lire, que nous ne pouvons pas nous empêcher de lire automatiquement. A l’inverse, l’activité de dénomination serait contrôlée et nécessiterait de l’attention. Du coup, l’activité de dénomination serait « interférée » par le processus mental de lecture automatique. L’hypnose semble jouer ici aussi.

Vidéos et liens

L’exemple en Français

Vidéo en Anglais expliquant l’effet Stroop en lien avec l’hypnose.

Un peu bruyant mais une belle démonstration de l’effet stroop

http://www.youtube.com/watch?v=GFR79QMt4Wg

Plus de liens :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *