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« La parole dit quoi, mais non comment. »

 

« Essayer de tout comprendre en fonction de la mémoire, du passé et des écrits, c’est comme avoir vécu l’essentiel de sa vie, le nez dans un guide touristique, sans jamais regarder le paysage. »

 

« Chercher l’éveil, c’est comme utiliser ses lunettes pour les chercher. »

Cet homme me plait, j’aime sa pensée, sa parole et ce qu’il en a fait.
Cet homme c’est Alan Watts, il fut l’un des papes de la contre culture-américaine dans les années soixante et son oeuvre était très lue en Europe. Puis, précocement disparu à cinquante-huit ans, il entra dans une sorte d’oubli, ce qu’on appelle « l’enfer » des écrivains. On redécouvre aujourd’hui peu à peu son message de philosophe spirituel et libertaire.

« Celui qui se libère, loin d’être incapable de jouer le jeu, le joue encore mieux car il voit la vie comme un jeu. »

« La partie de vous-même qui veut changer les choses est celle-là même qui aurait besoin d’être changée. »

Ses ouvrages conservent toute leur importance, leur fraîcheur et leur actualité. Ils ne sont plus seulement des portes d’accès aux questions touchant les rapports Orient Occident ; ils sont des clefs pour la mondialisation culturelle nécessaire au XXI siècle. Alors que l’Inde et la Chine rappellent leur Puissance, Alan Watts peut nous aider à mieux nous comprendre « nous » afin de mieux les comprendre « eux », et qu’à la mondialisation du commerce des marchandises terrestres corresponde un planétisation des esprits comme une bonne aperception de notre place humaine au sein de cette écologie planétaire.

« De même qu’il est parfois nécessaire de se taire pour entendre ce que les autres ont à dire, la pensée elle même doit faire silence pour pouvoir penser à autre chose qu’à elle même. »

En hypnose et en thérapie, vous pouvez vous inspirer de beaucoup de ses métaphores. Simples, fortes de significations et puissantes dans la vision qu’elles peuvent amener dans un terreau fertile.

« Le véritable amour naît de la connaissance et non du sentiment d’obligation ou de culpabilité. »


You-are-the-universe

Extrait de « EGO »

« Le Moi est une image sociale à laquelle l’esprit apprend à d’identifier. Il est le rôle que la société prescrit à l’individu afin de pouvoir tabler sur un centre d’action stable dont on peut prévoir le comportement parce qu’il oppose une résistance inébranlable aux mouvements de la spontanéité. Une extrême souffrance ou l’imminence de la mort l’empêchent de tenir ce rôle, si bien que ces fatalités s’associent à la honte et aux angoisses endurées par l’enfant que nous fûmes lorsqu’il s’agissait de devenir un Moi acceptable pour autrui. La mort et l’agonie sont redoutées comme une déchéance, et le combat qui les accompagne est un effort désespéré pour tenter de sauver un mode de sentir et d’agir acquis comme un rang social. »

« La fascination qu’exerce la certitude de la mort peut nous laisser figés de stupeur, jusqu’au moment où une illumination nous révèle que ce n’est pas la conscience qui meurt, mais la mémoire. S’ouvrir à cette vérité, c’est s’ouvrir à un singulier sentiment de solidarité -d’identité- avec les autres créatures et commencer à comprendre le sens de la compassion.

« Le Moi lutte sans relâche contre la dissolution qui serait justement sa délivrance. »

« On pourrait concevoir la délivrance comme l’ultime profondeur de l’échec spirituel, un degré d’échec où l’on ne peut même pas revendiquer ses vices. Dans la conscience de cette réalité momentanée et vide, le Bodhisattva connaît un désespoir au delà du suicide. L’Ego s’évanouit avec les illusions où l’on ne rencontrait que vide dans sa résistance acharnée au vide, souffrance dans sa fuite devant la souffrance, et contraction dans son effort pour se décontracter. Mais en s’évanouissant, il s’abandonne au vide même où resplendissent le soleil, la lune, et les étoiles. »

« La spontanéité n’est somme toute qu’une totale sincérité -la personne étant toute entière dans son acte sans la moindre réticence- à laquelle l’adulte civilisé n’est guère poussé que par un désespoir extrême, une souffrance intolérable, ou l’imminence de la mort. D’où le dicton: « le désastre de l’homme est l’occasion de Dieu ».


« Qui n’a pas la capacité de vivre dans le présent ne peut pas faire de plans valables pour l’avenir. »

Interview

Une très belle interview par Jacques Mousseau, septembre 1968, est disponible ici http://revolution-lente.coerrance.org/eloge-de-l-insecurite-alan-watts.php

  • P. — Pourquoi pensez-vous que le mode de penser et d’agir de l’Occident constitue une menace pour la planète ?
  • A.W. — L’Occidental parle de son action dans l’univers en termes d’agression ou de conquête. Il escalade une montagne : il dit qu’il la conquiert. Il guérit une maladie : il dit qu’il la vainc. Alors qu’au contraire il faut, pour guérir une maladie, non la maîtriser avec violence, mais apprendre à coopérer avec elle. Il faut apprendre à aimer ces bactéries dont nous avons besoin lorsqu’elles ne sont pas destructrices. Nous ne comprenons pas cet aspect du réel. Le résultat c’est qu’au lieu de civiliser le monde, nous sommes en train de le « losangéliser », car Los Angeles est l’un des exemples les plus terrifiants de perversion technologique.

« Ceci est le véritable secret de la vie – Être complètement engagé avec ce que vous faites dans l’ici et maintenant. Et au lieu d’appeler cela travailler, réaliser que c’est jouer. »

Pour en savoir plus

 

Vidéos

Voici quelques vidéos pour ceux qui veulent découvrir sa parole et sa pensée. Une parole des années 60-70 avec des images modernes. (celles-ci sont sous-titrées en Français)

Personnellement je ne me lasse pas d’écouter ses texte.

Comments

  1. Jean-sebastien Op de Beeck    

    « L’illumination, c’est d’abord la liberté d’être le raté que l’on est. Il nous faut commencer là où l’on est, de façon entière, sans réserve et sans regret. En dehors de cette acceptation, toute tentative de discipline morale ou spirituelle demeure le combat stérile d’un esprit divisé et de mauvaise foi. »

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