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En pratiquant l’hypnose et sa mise en pratique en thérapie, je suis perpétuellement ému par la capacité que l’être humain a de changer…de s’améliorer…mais je suis aussi fasciné par sa capacité à vouloir rester dans des situations d’inconfort !

Les problèmes n’ont pas que des inconvénients « conscients ». Ils ont aussi des avantages « inconscients » qui s’appellent des « bénéfices secondaires ». C’est à cause d’eux notamment que l’on a tant de mal à résoudre nos problèmes… Découvrez les bénéfices secondaires de vos problèmes et vous commencerez à y voir plus clair…


Nous avons souvent tout intérêt à nous attacher inconsciemment un ou plusieurs problèmes…
Notre intérêt indirect et inconscient est lié à un problème, c’est le bénéfice secondaire de ce problème.

Les bénéfices secondaires se recoupent, s’entrecroisent et se mettent souvent à plusieurs pour nous freiner dans notre démarche de résolution de problèmes… Ce concept Freudien de « bénéfice secondaire » ne date pas d’hier.

En thérapie, si le ou les bénéfices secondaires n’ont pas été mis en lumière, le symptôme restera ou se taira un temps pour revenir de plus belle quelques mois plus tard.

Voici une liste des 10 types de bénéfices secondaires. Cette liste permet la résolution de problèmes par « l’approche des types de bénéfices secondaires ». Faites l’exercice vous-même et  identifiez parmi la liste de bénéfices secondaires suivants celui ou ceux qui correspondent à votre problème…

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Votre problème commencera alors à se résoudre…

  • l’habitude = mon problème est une habitude rassurante par rapport à l’inconnu qui me fait peur…
  • la loyauté = mon problème me rend loyal et fidèle à mon passé, à mes ancêtres,…
  • l’exutoire = mon est la manifestation,  est le symptôme d’un autre problème… « Une maladie provient parfois d’un problème psychologique. »
  • la protection / l’évitement = mon problème me protège d’un autre problème… Ex. : « J’ai une jambe cassé, cela m’évite de faire face à mes responsabilités professionnelles… »
  • l’excuse = mon problème me sert d’excuse pour ne pas en affronter un autre. NB : La protection c’est vis-à-vis de soi ; l’excuse c’est vis-à-vis des autres.
  • l’occupation = mon problème m’occupe l’esprit, ce qui m’évite de penser à un autre problème qui peut me sembler plus effrayant.
  • l’identité = mon problème est ma raison d’être. Il fait partie de ma vie, de mon identité et de mon image… « Mes débordements émotionnels sont difficile à gérer, mais que serais-je sans cela … »
  • la reconnaissance = mon problème me permet d’obtenir la reconnaissance, l’affection, la compassion d’autrui.
  • la punition = mon problème me punit de ma culpabilité ressentie par rapport à une faute réelle ou imaginaire que j’aurais commise…
  • l’attestation / le challenge / le défi = mon problème (me) prouve que je suis capable de lui faire face, au cas où j’aurais des doutes…

« L’excuse » et « la protection » constituent presque un même type de bénéfice secondaire, tout comme « l’habitude » et « la loyauté ».

Ce qui est important de comprendre dans cette histoire de bénéfice secondaire c’est qu’il faut le préserver afin que le subconscient soit rassuré.

  • Par exemple si on arrête de fumer et qu’on ne fait plus de pauses au travail, alors que le bénéfice secondaire était de prendre du temps pour soi durant la journée, cela va être difficile d’être non-fumeur puisque les besoins psychologiques ne seront pas respectés.
  • « Je m’ennuie dans ma vie conjugale…mais je jouis d’un réel confort matériel grâce à mon conjoint »...bénéfice secondaire ! Que l’on va tenir à conserver, même si c’est au prix d’une vie affective sans relief…
  • Être tout le temps en échec (et donc s’en plaindre à qui veut l’entendre) donne un certain statut : celui de victime…bénéfice secondaire ! La victime s’arrangera toujours pour fédérer autrui autour de soi et de son malheur…

Quand on creuse l’origine du bénéfice secondaire on tombe sur la non-prise de risque…la peur. Il y a derrière cela l’idée de se préserver, en ne prenant pas le risque de s’exposer à des situations où on craint de ne pas être à la hauteur. Ainsi, en n’osant rien, rien ne se passe: on est rassuré, mais on se retrouve aussi frustré car rien n’avance dans sa vie…c’est profondément idiot, mais beaucoup d’entre nous fonctionnent sur ce schéma !

Une autre façon d’envisager le besoin de l’échec est de considérer que ce dernier est peut-être plus facile à assumer que le succès! Il faut en effet assumer la culpabilité (plus ou moins consciente) face à des proches qui n’ont, par exemple, pas aussi bien réussi que soi dans telle ou telle entreprise, l’échec étant alors un moyen idéal de se saboter soi-même, en s’affranchissant ainsi de la culpabilité.

On peut aussi inconsciemment redouter la solitude ou l’exclusion qui découle d’une position de succès, dans un environnement où autrui ne réussirait pas autant et nourrirait même une certaine jalousie…

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A voir aussi, une bonne vidéo de Pank sur le sujet.

Comments

  1. Jérémy    

    Bonjour Jean-Sebastien,
    Merci pour cet article et pour ton très bon site que je prends plaisir à consulter régulièrement.
    Je lisais justement ce midi Transe-formation (Bandler et Grinder), et ils avancent une idée sur ce point qui est différente de celle de Freud exposée ici. Dans leur explication, le bénéfice secondaire aurait un but mais pas obligatoirement une signification. Je vais faire un copier-coller plutôt que de paraphraser: « Un but est simplement une fonction. Et quand on a une fonction, on atteint quelque chose. Ce qui est atteint n’est pas nécessairement valable. Cela accomplit néanmoins quelque chose qui a une signification valable à un moment donné. […] certaines personnes ont des comportements qui leur ont été utiles quand elles avaient cinq ans, et qui sont devenus inadaptés maintenant qu’elles sont adultes. Néanmoins elles continuent à les utiliser parce qu’ils ont été programmés pendant leur enfance. »
    Cela donne une approche un peu différente, et peut être une plus grande ouverture ou liberté, qu’en penses-tu?

    1. Jean-sebastien Op de Beeck    

      Jérémy,

      Merci pour ton commentaire. Je vais y répondre de la façon suivante:

      Je suis d’accord avec la définition que tu me présentes. C’est une vision différente mais possible, néanmoins elle risque d’être un peut trop large. Toute habitude n’est pas obligatoirement un bénéfice secondaire.

      Une femme, à chaque fois qu’elle prépare un gigot, s’acharne à couper l’os en deux.
      Son mari lui demande « Quelle en est la raison ? »
      Elle lui répond que « Ca a toujours été comme cela, ma mère faisait ainsi! ».
      Un jour où sa belle-mère vint manger à la maison, intrigué, le mari le lui posa la question. Elle répondit ainsi:
      « Mon cher gendre, je coupais l’os en deux parce qu’à l’époque mon four était trop petit »

      Bien que ce soit une habitude qui s’est mise en place. Dans tous les cas, il est vrai que certaines habitudes n’ont plus aucun sens, mais continuent à être répétée. La résistance au changement, directement liée à notre inconscient et d’une ténacité redoutable.

      En tirant l’histoire par les cheveux, on pourrait dire que le bénéfice secondaire serait « Je suis une gentille fille, je fais comme Maman, et je reste connectée à elle ». A analyser quand même avec prudence.

      La psychothérapeute Dominique Chapot en dit « Nos habitudes sont là pour nous sécuriser. Les mêmes événements provoquent toujours les mêmes résultats, s’ils se répètent de la même façon. »
      Même nos mauvaises habitudes sont là pour nous sécuriser. D’une façon ou d’une autre.
      Pourquoi ? Parce qu’elles nous permettent un bénéfice secondaire. Un gain inconscient lié à cette mauvaise habitude.
      Ne pas arriver à se défaire d’une mauvaise habitude, même si elle est nocive ou autodestructrice, c’est certainement parce qu’elle permet un bénéfice secondaire.

      Js

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