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Voici un article qui m’a plu et donne de bons exemples. La source est à la fin de l’article. Je me suis permis de le reprendre et de le sortir du contexte initial de l’auteur afin qu’il ne choque pas certaines sensibilités. Il exprime bien certains problèmes rencontrés en société dans l’interaction entre les personnes.

Pour résumer mon propos : tant que mes choix ne débordent pas concrètement sur la vie de l’autre, tant qu’il s’agit avant tout de ma vie, de mon temps, de mon corps, je n’ai pas à me plier à ses caprices et à ses tentations d’ingérences.

C’est à dire que quand je prends des décisions qui concernent ma vie, mon corps, mon temps, et qui n’ont concrètement aucun impact sur la vie de l’autre, alors ces décisions ne regardent que moi. Que mes dites décisions, si elles sont découvertes, puissent avoir un impact psychologique et faire énormément souffrir la personne que j’aime n’enlève rien à leur légitimité profonde : ça reste ma vie, mon corps, mon temps. Et autant je veux bien faire preuve de compréhension et de diplomatie, autant il serait inacceptable de laisser l’autre empiéter sur ma liberté sous le prétexte de ses névroses, ses blocages, ses faiblesses.

« Je ne pourrais pas le supporter »

Voici un exemple sur l’alimentation, mais il peut s’appliquer à beaucoup d’autres sujets.

Un mec décrivait son dilemme avec sa petite amie ‘vegan’ : « produits animaux interdits ».

Non seulement à la maison, mais aussi à l’extérieur. A force d’insistance, elle lui avait effectivement fait promettre de ne plus toucher à la viande, ni avec elle, ni sans elle. Quand il lui arrivait de craquer (en particulier lors de fêtes avec ses amis à lui), il lui avouait ses écarts, elle lui faisait de violentes scènes. Donc il avait fini par ne plus lui dire. Mais un jour, dans une photo sur le Facebook d’un collègue de son mec, elle le reconnaît en train de manger une cuisse de poulet à une soirée paella lors d’un voyage professionnel en Espagne. Il en était pourtant revenu en affirmant qu’il n’avait mangé que des fruits et des légumes quand elle l’avait questionné. Pétage de plombs mythique de la fille qui s’est sentie salie, outragée, trahie.

Où est la légitimité ?

Oui le mec a menti. Et aussi il a promis un peu vite de s’en tenir à un régime qu’il croyait pouvoir adopter. Mais on ressent surtout que la fille outrepasse sa liberté quand elle attend de lui qu’il se plie de façon aussi stricte à son choix de vie à elle. Quelque part, le jugement collectif pencherait donc plutôt pour dire que les pétages de plomb de la fille ne sont pas légitimes et qu’à partir du moment où le mec ne mange pas son steak devant sa nana, il devrait être libre du contenu de son assiette, et qu’elle n’a pas à le tanner ni à l’espionner pour découvrir s’il a ingurgité des protéines animales.

Je veux justifier ici rationnellement le bien fondé de l’avis collectif : ce n’est pas parce que notre monde est principalement omnivore que le mec est dans son bon droit et que sa nana fait de l’ingérence. Ce n’est pas une question de culture culinaire majoritaire. Le choix du mec est légitime parce que c’est son corps à lui et que le contenu de son assiette n’a pas d’influence concrète sur la vie de sa copine quand elle n’est pas là. Personne ne la force à manger de la viande, il ne va pas la contaminer, et elle n’est pas un poulet. S’il faut qu’elle espionne son Facebook pour éprouver de la détresse, c’est bien que c’est elle-même la propre cause de sa détresse, pas lui.

Par ailleurs, faire promettre à son mec de ne plus jamais jamais toucher de viande en aucune circonstance même quand il est à 10 000 km, c’est à peu près aussi peu légitime que de lui faire promettre d’arrêter de fréquenter untel, d’écouter du Julien Clerc dans le bus ou de fantasmer secrètement sur Scarlett Johansson. Et en plus c’est invérifiable sans espionnage.

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D’autres exemples

Le père raciste qui découvre que le copain de sa fille est noir. En l’occurrence, même si la fille avait l’intention de l’épouser (et donc potentiellement ça deviendrait public et ça pourrait avoir un impact très concret sur la vie du père à cause du qu’en-dira-t-on dans son périmètre social raciste, surtout si on s’imagine en 1930), on serait à 100% en faveur du choix de la fille, quelle que soit la détresse du père.

Les parents très tradi. qui apprennent que leur fille est lesbienne ou que leur fils est homo. « Tu as pensé à nous ? » est l’un des premiers cris de douleur des parents quand leur enfant fait son coming-out. Au-delà du jugement autour de la sexualité plane l’idée que notre corps ne nous appartient pas totalement et qu’on a en quelque sorte un devoir de procréation pour que nos géniteurs ne soient pas privés de la joie d’être grand-parents.

Le mec qui refuse à sa nana de se faire un tattoo ou un piercing. Certes, ça a une influence concrète (minime) sur sa vie à lui puisqu’il va le voir souvent, le tattoo ou le piercing, mais c’est d’abord et avant tout son corps à elle.


 

Article extrait (et édulcoré) de  https://lesfessesdelacremiere.wordpress.com/2015/03/25/question-de-legitimite/ , ce site est clairement orienté « élucubrations éhontées sur l’infidélité, le couple libre, le polyamour », donc âmes sensibles et pleines de croyances, vous êtes prévenues.

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