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En règle générale – sans pathologie –  l’être humain aime penser qu’il y a une justice dans notre univers et qu’il y a un équilibre nécessaire des choses. C’est clairement une pensée interne, une représentation de sa carte du monde (pensée interne).

Justice & équilibre des choses

La notion de justice et la croyance du grand balancier du monde sont des inventions humaines. Regardez par exemple la nature et comment la vie évolue; il n’y a pas de justice, de bien, de mal, d’impropre… uniquement ce qui fonctionne pour vivre et ce qui sera voué à disparaître (transformé). Nous avons aussi la croyance fortement ancrée en nous qu’il existe une justice, que certains comportements sont bien, d’autres nuisibles et qu’être bon pour autrui est une qualité humaine universelle. Croyances aussi.

Penser qu’entendre de belles pensées, lire de belles lettres, voir et entendre ce qui est beau, la politesse, nous apporteront réconfort, joies et plaisir (nous sommes ici en plein focus interne)… C’est vrai, … jusqu’au jour où l’on est confronté à un homme méchant, sournois, une ordure (facteur externe, non contrôlable), à une situation de merde (externe), une injustice (externe),  un accident de vie (cancer, décès, perte de boulot …), une simple claque dans la gueule, une peur … et parfois cela dure longtemps, comme vivre ou rester en contact avec un pervers narcissique, un manipulateur.

Homéostasie

Une congruence totale ne suffit pas. Le monde interne de nos pensées (même les meilleures) sera toujours confronté à la dynamique des éléments externes tels que notre corps, le climat, les autres, l’univers, …). Il n’y a point d’équilibre à attendre.

Il est maintenant nécessaire de rajouter un mot important à notre vocabulaire, après la congruence, voici  l’Homéostasie.

Initialement élaborée et définie par Claude Bernard, l’homéostasie est la capacité que peut avoir un système quelconque (ouvert ou fermé) à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures. Selon Walter Bradford Cannon,

« L’homéostasie est l’équilibre dynamique qui nous maintient en vie ».

 

L’autre, le monde extérieur

Quand le monde extérieur, ou l’autre prends la main sur nous, est que l’on est alors victime, il arrive alors : le replis sur soi, de la souffrance, du désespoir, des crises, des chutes, des blessures, de résignation parfois, du déni souvent. Rarement de la compréhension.

Comprendre que ce qui arrive est difficile car l’évènement est externe, parfois incompréhensible et sournois. Pour lutter contre cela, il faut d’abord y mettre un nom, une image, un ressenti; et ensuite seulement l’évolution sera possible. Ce n’est pas la même chose que de le justifier ou de baisser les bras, faire comme s’il n’y a rien d’autre à faire que de souffrir ou d’accepter (interne) – subir (interne) l’autre (externe). Ici un élément extérieur domine le monde intérieur.

Savoir et comprendre un concept, une stratégie, ne veut pas dire que l’on arrive à l’appliquer. A force de fatigue et d’usure, il est fréquent qu’une personne retombe dans ses travers. L’on est clairement dans un comportement compulsif, un sabotage inconscient. L’individu trébuche, souvent. Mille fois, et mille fois se redresse. Faire plus de la même chose, ce n’est pas changer.

En fait, il n’y a pas de récompense à la souffrance du passé, à cette chose irrationnelle et dégoutante. C’est juste l’emprise d’un humain ou d’un évènement sur un humain.

Pour s’en sortir, certains y verront un ‘feedback’ (interne) ou une leçon à apprendre (interne). C’est en fait une sorte de consolation. Une caresse sur un chien battu. Tout évènement passé est un feedback, positif, négatif, neutre. Mais la souffrance inutile, stupide, qui fait partie pourtant du sort de chaque humain, est tellement difficile à accepter, que nous voulons à tout prix lui donner un sens (interne). C’est là souvent l’erreur, 1) vouloir donner un sens à ce qui n’en a pas. 2) croire que le passé justifie le présent.

Pour s’en sortir, d’autres utiliseront une motivation extérieure, comme un déclencheur. « Je suis agressée tous les jours par mon mari. J’ai désormais un enfant, je ne veux pas que cela lui arrive (aussi) ». Le sauvetage n’y est évidement que partiel, temporaire et entrainera d’autres conséquences, car souvent mal géré.

Jamais les choses externes ne pourront être considérées comme maîtrisées, et ce type de comportement qui blesse n’est effectivement pas « bon », cela ne veut pas dire que cela n’est pas « normal » dans la vision de l’autre. Il n’y a pas de normalité dans notre monde. Chacun a sa carte, et certaines cartes sont plus obscures et troubles que d’autres.

Développer ses compétences de relation

Ok c’est plus facile à dire et à mettre en place quand on n’est pas dans la détresse, donc il est important de bien lire et comprendre les instructions avant le crash.

Ce que je distingue comme étapes. Chacune doit être accomplie sans être négligée, afin d’éviter les manques ou de rencontrer des troubles:

  • Vivre avec soi. Le premier endroit de changement, de mise en place du bien-être se trouve en nous (interne) et jamais à l’extérieur. L’extérieur ne devrait être que la continuité de notre moi profond. Ici nous devons faire avec notre cerveau et nos pensées. La congruence aide beaucoup, mais il faut aussi y ajouter beaucoup de travail personnel. Il existe de nombreuses façons de se développer harmonieusement, ou au moins de se rencontrer et de s’accepter. (Développement personnel, psychothérapie, coaching, …)
  • Vivre avec l’autre. Le couple – c’est un passage souvent obligé, parfois forcé. Il est permet généralement de nous reproduire, de nous développer, de mieux vivre dans notre société. L’idéal serait de s’allier / se joindre à une personne, de préférence qui vous respecte et vous motive. Cela s’appelle la communion (‘uni avec’). Quand cela ne va plus, il est nécessaire de dialoguer, trouver une solution si possible, et rompre le lien si la relation n’est pas juste ou équitable.
  • Vivre avec les autres. C’est la vie en société. Pas évident non plus. L’idéal est de créer son clan, sa meute, sa famille pour certains, ou d’en joindre un, que ce soit socialement, intellectuellement,  ou pour des passions et intérêts  partagées. Mais il est important de ne pas en devenir dépendant, et ne pas chercher de ‘gourou’. C’est aussi une façon de choisir son ‘camp’, sa bataille, sans en faire une guerre.

C’est Interne ou Externe?

Pour terminer ce long post, je mets les ressentis et émotions suivants en différentes catégories, seule la dernière m’importe, c’est quasiment le seul levier que vous pouvez utiliser pour être congruent et interagir avec le monde extérieur. La liste est évidement non exhaustive et sert d’exemple.

  • La justice, l’équité, l’envie, la haine, le désir … ne peuvent servir à construire une conscience sereine car ils dépendent du monde extérieur. L’autre.
  • La souffrance, la peur, réflexion, … eux ne sont que la conséquence d’un déséquilibre, d’un tiraillement et d’un manque de ‘congruence’. Par rapport à l’autre ou parfois le moi.
  • Le pardon, la gratitude, l’amour, la joie, le plaisir, la tristesse … peuvent être considérés comme réels et authentiques, car ils viennent de notre âme interne. Le Moi.

 

Mais cela, c’est ma théorie du moment, par rapport à ce que mes patients et mes rencontres m’apportent.

J’aime la congruence, mais elle ne représente qu’une petite partie de l’interaction que nous avons avec le reste de l’univers. Penser que seule notre état interne compte est une erreur. Il faut avoir une vision « cybernétique », et mettre en place ce cercle plus large et en recherche d’équilibre qu’est l’homéostasie.

 

Be one.

 

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Comments

  1. Camille    

    Bonjour,
    Quelle différence y a-t-il entre résilience et homéostasie ?
    Merci
    Camille

    1. Jean-sebastien Op de Beeck    

      Merci Camille pour la question.

      Pour résumer:
      Homéostasie : … est la capacité que peut avoir un système quelconque (ouvert ou fermé) à conserver son équilibre de fonctionnement en dépit des contraintes qui lui sont extérieures. = En équilibre, en harmonie

      Résilience : … consiste, pour un individu affecté par un traumatisme, à prendre acte de l’événement traumatique pour ne plus vivre dans la dépression ou bien d’échec et se reconstruire. = J’accepte et je cicatrise enfin. Je me reconstruis

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