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Mon passé militaire fait que cet article fait un réel écho dans ma conscience.
Le language est important, les mots et leurs usages ne sont pas à prendre à la légère. Ça vous le savez, mais est-ce que vous vous en rendez réellement compte ? L’endoctrinement, c’est facile de le concevoir à l’armée, c’est gros comme une maison, et ça marche, mais de simple articles de presse, la télévision, les différents apprentissages de votre vie ne sont-ils pas un endoctrinement à une cause ?

Personnellement je considère que notre société fait de nous des militaires, mais sans l’afficher. Apprenez à comprendre les mots pour vous protéger et réfléchir par vous-même.

« Il faut constamment se battre pour voir ce qui se trouve au bout de son nez ». George Orwell

Voici un extrait d’article intéressant sur le sujet:

Le seul but de tout militaire est d’être une machine à tuer rapide et efficace — masqué derrière des justifications de défense nationale et aussi permis par les « lois de la guerre ». Toutes les discussions sur la stratégie, la tactique, la logistique, la formation et les approvisionnements n’ont pour objectif unique que de tuer des hommes — et accessoirement, ou même intentionnellement, des femmes et des enfants — pour des raisons diverses ou selon les caprices de l’état agresseur.

C’est peut-être parce que la violence meurtrière est trop évidente que les analystes de la défense n’en parlent pas. C’est peut-être aussi parce qu’ils n’évaluent pas pleinement ou ne comprennent pas les implications de leurs analyses et commentaires. Ou peut-être adoptent-ils volontairement les euphémismes de la Double Pensée dans lequel meurtre est remplacé par des termes neutres qui aseptisent les massacres et normalisent le monde courtois et policé des experts de l’enfer de la guerre.

Cependant, il y a clairement quelque chose qui ne va pas dans les euphémismes : on contourne la vérité. « Si la pensée corrompt le langage, le langage peut aussi corrompre la pensée », comme le souligne Orwell. Par exemple, l’utilisation du mot « défense » à la place du mot « guerre » appelle automatiquement une association positive pour le premier et la notion négative de menace avec le second, même si elles sont fondamentalement les deux faces d’une même médaille.

 

Le langage a la capacité d’effacer la violence, souligne Joanna Bourke dans Deep Violence: Military Violence, War Play and the Social Life of Weapons :

Une des méthodes consiste à omettre les traits les plus saillants d’une activité. Par exemple, les recherches, le développement et la fabrication des armes empêchent de reconnaître que l’objectif principal est de mutiler et de tuer les autres êtres humains.

Bourke résume certaines circonlocutions que les militaires et les analystes ont choisi d’utiliser quand ils parlent d’armes mortelles :

Napalm a été appelé une « arme de répression de flak ». Les bombes à fragmentation dont les fragments, après explosion, peuvent tuer ou blesser des gens dans un espace de 300 à 900 mètres (…) étaient des armes «d’interdiction de zone » ; ces bombes, « sont faites pour faire taire les armes » (c’est-à-dire les personnes détenant des armes et toute personne vivant dans un large rayon autour du point d’impact). Le drone Predator était « une grosse abeille… avec une piqûre d’enfer ».

Dans son livre, elle cite également un sociologue qui a noté, en 1945, que les discussions techniques sur les systèmes d’armes ont stupéfié le public, embrouillant toute évaluation lucide des conséquences réelles des systèmes d’armes modernes. Commentaire de Bourke :

La fascination hypnotique par les statistiques et les spécifications ont permis à ces hommes de déconnecter leurs actions (s’occuper des armes) de leurs conséquences (cadavres). Ils étaient juste « en train de préparer ce qui allait se passer par la suite », comme l’a dit un technicien de la bombe.

Elle continue :

Les euphémismes et le langage militaire abstrait ont eu un effet anesthésiant sur les participants de la guerre et d’autres entreprises militaristes. Ils ont produit un langage de substitution, une techno-langue soporifique.

Extrait de Franz-Stefan Gady

Traduit par Avic – Réseau International

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