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« C’est pour la civilisation occidentale une idée fixe que l’univers consiste en choses distinctes, ou entités. L’homme se considère de ce fait lui-même comme une partie, introduite dans l’assemblage total de la nature. Le fonctionnement de l’univers naturel est conçu en termes de lois logiques; l’ordre des choses est assujetti à la mécanique linéaire d’une série de causes et d’effets, dans les limitations d’une conscience qui ne perçoit qu’une seule chose à la fois.

Si la nature nous semble être un mécanisme, c’est que notre attitude mentale n’en retient que ce qui concorde avec une analogie mécanique ou mathématique. Une telle attitude empêche de jamais voir la nature, elle n’aperçoit que les formes géométriques qu’elle a réussi à y projeter. »

« Nous comprenons la nature en la désintégrant, puis nous pensons qu’elle est elle-même un amas de fragments. »

« On tend à considérer actuellement les lois comme des outils humains, un peu comme des instruments tranchants permettant de dépecer la nature en portions susceptibles d’être digérées. »

« Il est un type d’homme qui aborde le monde tout bardé de ces instruments durs et tranchants, au moyen desquels il découpe et catalogue l’univers en catégories précises et stériles afin de se rassurer. »

« Une fois dotés du pouvoir de raisonner et d’exercer consciemment notre attention, les hommes furent certainement fascinés par ces nouveaux outils, au point d’en oublier tout le reste, un peu comme ces poules hypnotisées qui ne peuvent détacher leur bec d’un trait de craie. Toutes nos possibilités de perceptions furent identifiées à ces fonctions partielles, si bien que nous perdîmes la capacité de sentir la nature du dedans et de percevoir notre unité sans faille avec l’univers. »

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