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Mon fils aime jouer à « Voiture jaune !!! » quand on est en voiture

Vous connaissez ?

Voiture Jaune !!!

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Chaque fois que mon fils voit une voiture jaune il crie « Voiture Jaune » et donne un coup de poing sur l’épaule de sa grande soeur. Le jeu est des plus stupide, j’en conviens. J’y participe aussi d’ailleurs 🙂

Evidement, il faut éviter de choisir une couleur trop commune (pas celle des taxis). Le plaisir est dans la rareté et la surprise. Le plaisir est aussi à celui qui est le plus vigilant et le plus rapide. Il y a aussi des grandes discussions sur les nuances de couleurs, et le fait de savoir s’il faut compter ou pas les bus et les camions, voire même taper plus fort.

Le problème est que ce plaisir devient un comportement relativement systématique à chaque trajet et se transforme parfois en bagarre. Souvent les enfants n’y pensent pas … et d’un coup … la vue d’une voiture jaune fait démarrer le jeu. Paff . Aie !!!

Un certain stress s’installe, un conditionnement, une sorte d’habitude, et à la vue d’une voiture jaune, la crainte de ressentir une douleur dans l’épaule surgit.

Un ancrage. Ici, associer ce que l’on voit à un ressenti émotionnel.

Bonheur !!!

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J’ai des variantes plus ‘gentilles’.

En voiture, quand les enfants étaient petits, au passage de chaque ralentisseur (dos d’âne) , je criais « Bonheur » … et c’est resté très longtemps. D’ailleurs, les enfants me le rappelle régulièrement et tentent de savoir si je vais le dire ou si eux vont crier avant moi. 🙂

Aimer les ralentisseurs, vous auriez deviné ça ? Essayez.

Ancrages

Un « ancrage » c’est une association entre des pensées, des émotions et des sens. Un évènement se passer et un ressenti / une pensée se présente à vous.

On s’en fait naturellement dans la vie courante. Par exemple,

  • qui n’a pas associé une musique, donc un son et des paroles à une relation amoureuse ? Les paroles de la chanson et les sons de la musique déclenchent en nous de la nostalgie, de la tendresse, de la tristesse, ou encore de la colère, bref une émotion. Parfois l’émotion est tellement forte que l’on ne peut plus écouter cette musique, voir une photo, un objet, ou sentir un parfum pendant plusieurs années.
  • je vous demande de penser à quand votre grand-mère cuisinait … et vous avez une odeur qui apparaît ou une image qui vous fait saliver.

C’est cela un ancrage : une association entre des pensées, des émotions et des sens.

On s’en crée en permanence, ils durent plus ou moins longtemps et parfois ils restent toute notre vie,  et certains ne jouent pas en notre faveur.

L’hypnose et la PNL  permettent de transformer ces ancrages qui sont inutiles. Les ancrages, sont aussi ce que nous appelons couramment des mauvaises habitudes.

Les ancrages sont du même ordre d’idée que les expériences de conditionnement de Pavlov.

Vous pensiez avoir un processus d’apprentissage différent de nos amis les bêtes, et plus de libre arbitre quand à vos choix ? Pas tellement en fait : devant un plat appétissant, vous salivez automatiquement par exemple. Nos comportements découlent de nos pensées et émotions qui elles-mêmes proviennent de nos ancrages liés à nos sens. Par nos sens, nous appréhendons notre environnement, et sans objectivité, nous ancrons, des croyances parfois erronées car nous filtrons la réalité en permanence. L’expérience vient petit à petit modifier ces conditionnements. En effet, c’est en ancrant que nous acquérons l’expérience. Votre sentiment de liberté lorsque vous encoder des informations n’est qu’illusion. Pour nous faire consommer des produits mauvais pour la santé on nous montre une famille épanouie en train de manger tel ou tel produit, gras et trop sucré, avec une musique dynamique et tout le monde sourit. Les publicitaires nous bombardent d’ancrages visuels et auditifs. Diffuser des odeurs de croissant chaud dans une gare va nous faire consommer plus facilement !

Un extrait de littérature qui regorge d’ancrages

Dans le livre, À la recherche du temps perdu de Marcel Proust, la vue, la forme, la senteur, ainsi que le goût de cette madeleine ramène l’auteur à son enfance, qu’il revit alors avec une multitude de détails, car, notre inconscient emmagasine chaque information. Pour vous aider à repérer la nature des ancrages, j’ai mis ceux-ci en couleur : Bleu pour le Gustatif, Mauve pour le Kinesthésique, Vert pour le Visuel, et Rouge pour l’olfactif. Sachant que certains mots correspondent à plusieurs sens, j’ai du faire le choix d’une seule couleur et représenter un seul sens. Cet extrait en regorge tellement que je ne les ai pas tous mis en couleur, je vous laisse le soin de les trouver :

« comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d’une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d’un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j’avais laissé s’amollir un morceau de madeleine. Mais à l’instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d’extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m’avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. II m’avait aussitôt rendu les vicissitudes de la vie indifférentes, ses désastres inoffensifs, sa brièveté illusoire, de la même façon qu’opère l’amour, en me remplissant d’une essence précieuse : ou plutôt cette essence n’était pas en moi, elle était moi. J’avais cessé de me sentir médiocre, contingent, mortel. D’où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu’elle était liée au goût du thé et du gâteau »

 

A Géraldine qui lit chacun de mes articles

 

 

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