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Un peu de technique …

La décompensation est une réaction à une situation émotionnelle extrême.

Le plus souvent, il s’agit de la mise à jour trop brutale ou forcée et donc la confrontation sans préparation, de certains éléments psychiques personnels lourds, qui provoque uneffondrement général de la personnalité de l’individu.

Parallèlement, cet effondrement entraîne des conséquences pouvant aller de la dépression jusqu’au suicide ou à l’agression de tiers (passage à l’acte : voir lexique cigap.org).

Une décompensation peut aussi mettre en lumière une pathologie psychiatrique jusque là latente.

Lorsque l’on parle de situation émotionnelle extrême, elle l’est dans le vécu de la personne concernée, c’est à dire d’une manière spécifique et personnelle.

Il peut être question, par exemple, de la découverte par le « sujet », d’un secret de famille, mais aussi d’une émotion restée jusque là « sourde » à lui, comme la haine, l’amour, la jalousie, la rancoeur, la frustration … envers une autre personne.

La décompensation psychique

En fait, il s’agit d’un terme tiré du vocabulaire de la médecine organique : dans certaines maladies, des troubles, comme par exemple une insuffisance cardiaque peuvent être pendant un certain temps « compensés » : c’est à dire qu’ils existent potentiellement, mais que leurs conséquences néfastes n’apparaissent pas du fait de défenses, de ressources qui les équilibrent.
Quand cet équilibre est rompu, le trouble va se manifester, il ne sera plus « compensé » par autre chose, la maladie sera dite « décompensée ».

Par analogie, les troubles psychiques de tous ordres (dépression, psychose, etc.) peuvent être dits également compensés.

Si la personne bascule dans un effondrement de ce qui lui permettait de compenser (refoulement, soutien social, etc.) alors l’apparition d’un symptôme spectaculaire (passage à l’acte, aggravation brutale …) sera appelée décompensation, toujours par analogie avec la médecine organique.

Il faut dire à ce propos que le fait que les psychiatre soient médecins, et qu’on continue à alimenter la métaphore organique pour comprendre les troubles mentaux, présente quelques inconvénients tant du point de vue diagnostic que thérapeutique.

Exemple : que veut dire guérison ? Retour à l’état antérieur ? Que veut dire amélioration ? Souffrir moins ? Autrement ? Et que veut dire soigner ? Bref, c’est un large champ de réflexion qui est ouvert là.

La décompensation névrotique

Empruntée au modèle de fonctionnement organique, la notion de décompensation désigne la rupture d’un état d’équilibre précaire obtenu par un organe malade grâce à des systèmes d’adaptation (décompensation d’une insuffisance cardiaque).

Dans le domaine psychique, la décompensation est une crise qui marque l’effondrement des mécanismes de défense névrotiques habituels d’un sujet confronté à une situation affective nouvelle et insupportable. La déficience psychique originelle du sujet se manifeste alors d’une façon aiguë. La fragilité du moi, les effets des carences affectives et, même, les tendances psychotiques se réactivent.

Sur le plan clinique la décompensation peut prendre le visage d’une phobie, d’un épisode confusionnel, d’une bouffée délirante, ou bien d’une somatisation. Cette symptomatologie est la plupart du temps transitoire. Cependant une décompensation névrotique peut révéler une pathologie sous-jacente plus grave et représenter un mode d’entrée dans la psychose ou toute autre psychopathie chronique. Le rôle de l’entourage et l’importance d’une prise en charge thérapeutique sont primordiaux.

La décompensation psycho-névrotique des personnes âgées est un cas particulier. Elle est fréquente et est favorisée par une transplantation en maison de retraite ou à l’hôpital, par la perte du conjoint, par une chute avec fracture qui entraîne une intervention chirurgicale. Elle marque la difficulté de la personne âgée à s’adapter à une situation de stress qui provoque la faillite des anciens mécanismes de défense. La sémiologie peut être assez sévère : états confuso-anxieux, désorientation dans le temps et l’espace, dénutrition, déshydratation, états de régression aiguë, accès mélancolique ou agitation de type hystérique.

La décompensation psychotique

État pathologique dans lequel les troubles dus à une fonction lésée ne sont plus compensés par une adaptation des fonctions restées saines.

Le patient psychotique ne peut plus compenser (pallier) par ses fonctions non atteintes (cognition) son délire et les effets de celui-ci. C’est donc une sorte de barrière qui s’ouvre à ce moment et qui laisse libre cours aux idées incohérentes du patient et à son délire.

Le syndrome de Jérusalem, cette bouffée délirante mystique a été décrite pour la première fois par le Dr Yaïr Carlos Bar-El, qui dirige les services de santé mental à l’hôpital psychiatrique de Kfar Shaoul, dans la revue The British Journal of Psychiatry.

Rien ne les distingue des autres touristes, mais, soudain, frappés par une forme violente d’anxiété, ils sont obsédés par le désir de se purifier, se drapent dans la literie de leur hôtel et s’en vont délivrer des sermons devant le mont des Oliviers ou le mur des Lamentations.
Après cinq à sept jours d’agitation, les malades, à condition qu’ils soient évacués de Jérusalem, récupèrent totalement. Chaque année, une quarantaine sont hospitalisés. Le 1er janvier 2000, ce fut l’apothéose, si le Messie ne s’est pas manifesté, en revanche une demi-douzaine de « faux messies », victimes du syndrome ont répondu à l’appel…

Le syndrome qui touche plutôt des sujets dépressifs ou instables ne concerne pas uniquement Jérusalem mais se voit également dans tous les lieux « Saints ». A Notre-Dame de Paris par exemple, chaque été, on observe quelques anglo-saxons déambulant sur le parvis de la cathédrale en proie à une décompensation psychotique subaiguë. Victimes de bouffées délirantes, les malades se croient en danger de mort, d’autres prétendent être en communication avec Dieu !

A l’origine de cette décompensation, un facteur déstabilisant essentiel, les décalages horaires, une autre élément perturbateur, la perte des repères culturels avec notamment la langue étrangère.

« L’être humain est par essence en quête perpétuelle de moments intensives à vivre, explique le Dr Samuel Lepastier, psychiatre, notre psychisme n’apprécie guère la continuité de l’existence, c’est-à-dire le monotone, mais nous ne sommes pas tous égaux pour affronter les ruptures avec notre environnement… »

Les autres syndromes similaires :

Le syndrome de l’Inde

En débarquant en Inde, terre des mille et un temple et ashrams, cela risque de réveiller l’élan mystique des plus rationalistes, entraînant des troubles de type hallucinatoires ou délirants. Les gens entrent dans une forme d’errance et éprouvent des sentiments d’extase profonde. C’est une plongée sans repères dans un tourbillon de misère, de surpopulation, d’images et de dieux inconnus, on n’y comprend plus rien…

Le syndrome de Florence

Stendhal a éprouvé une telle exaltation devant des oeuvres d’art florentines qu’il en a frôlé la folie…

Le syndrome de Paris des Japonais

Certains Japonais arrivant en France présentent des troubles allant d’état dépressif à des tentatives de suicide en passant par des délires de persécution. Selon le docteur Ota, psychiatre à l’hôpital Saint-Anne, « ils pensent trouver en France un idéal de raffinement et imaginent Paris comme un paradis civilisé. Mais les codes de communication français sont très différents des leurs : par exemple, la structure de la langue japonaise est telle qu’il faut attendre la fin de la phrase pour en comprendre le sens. Cela amène les Japonais à être très patients, alors qu’un Français n’hésitera pas à couper la parole de son interlocuteur. De même, il existe une communication non verbale très intense, où l’on s’efforce de lire dans l’attitude de l’autre, trop parler est perçu là-bas comme vulgaire. En France, pour se faire comprendre, les Japonais sont donc obligés de se faire violence ».

 

Sources :

  • http://www.relation-aide.com/articles/description.php?id=176&
  • http://www.cigap.org/?+-Decompensation-+

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