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Vers 380 avant J.-C., le philosophe grec Platon racontait comme suit l’origine des sexes et du désir amoureux : Anciennement, les humains étaient en forme de sphère appelée androgyne. Étant dotés d’une grande force et d’un grand courage, ils tentèrent d’escalader le ciel pour combattre les dieux. Les dieux offensés, ne pouvant tolérer une telle insolence, délibérèrent sur la manière de punir les humains. Zeus condamna ces être jadis sphériques à être séparés en deux moitiés, l’une mâle, l’autre femelle. Une fois ainsi divisés, chacun se mit à regretter son autre moitié : les humains allèrent les uns vers les autres s’enlaçant, dans le désir de se fondre à nouveau ensemble afin de retrouver leur état de complétude initiale.

Ce mythe, pour charmant qu’il soit, n’est que cela : un mythe. Et pourtant,

Nous grandissons avec l’idée que nous sommes incomplets,

que nous avons besoin de l’Autre pour nous réaliser. Pour la jeune fille, cette autre moitié qui la complétera prend la forme du prince charmant. Cette conception du soi incomplet est si intégrée dans la pensée populaire qu’elle fait partie du langage courant, grace à des expression telles que « ma douce moitié » et « on se complète bien ».

Cette idée que nous représentons 50 % d’un tout, est issue d’une société monogame, dans laquelle chacun est complété par une unique autre personne. … Il faut mettre fin à cette folie et tout de suite ! Il est temps pour chacun d’entre nous de tourner le dos à 2000 ans de perpétuation du mythe platonicien et de réaliser que nous sommes, chacun d’entre nous, intrinsèquement complet !

Je suis 100 % d’un tout ! Il ne manque rien. Il ne manque personne.

Certes, des êtres viendront dans ma vie, qui apporteront quelque chose de plus. De l’amour, du bonheur, de la croissance, du rire et des larmes. Certaines de ces personnes resteront un moment puis partiront. D’autres resteront jusqu’à ce que la mort nous sépare. Mais dans tous les cas, leur présence à mes cotés ne signifie aucunement qu’ils sont ma moitié, ni que je suis la leur. S’ils partent, le vide qu’ils laissent ne signifie pas que je viens de perdre une partie de mon être.

Le sentiment d’être entier, un tout inaliénable, ça se cultive. Ça s’oublie aussi parfois. Il est nécessaire de faire un effort pour revenir en son centre … là où l’on est complet, pas seulement la moitié d’un tout.

 

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