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Une étudiante américaine a publié une photo de son tatouage sur Facebook, qui résume l’ambivalence de la maladie qui la ronge.

Bekah Miles, une étudiante américaine de 20 ans diagnostiquée dépressive l’an dernier, a publié le 24 août une photo de son tatouage sur Facebook, qui se lit différemment selon le point de vue. A l’endroit, les lettres du tatouage de Bekah, comme les autres peuvent le voir, donnent « I’m fine » (je vais bien), tandis que du point de vue de celle qui le porte, l’inscription est un appel à l’aide « Save me » (sauve-moi).

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« (Chers maman et papa, s’il vous plaît ne me tuez pas au sujet de ce choix permanent. Je veux que vous m’écoutiez.)

Aujourd’hui, je vous dévoile quelque chose que très peu connaissent. Je suis prête à avoir une discussion sur ma maladie mentale. L’an dernier, on m’a diagnostiqué une dépression. Et pour être honnête, je pense que le problème remontait à plus longtemps que ça, mais il était devenu si important que je ne pouvais plus avancer.

Alors aujourd’hui, je me suis fait faire ce tatouage. Je pense que ma jambe était le meilleur endroit pour le sens qu’il y a derrière ce tattoo. Ceux qui le voient lisent « Je vais bien », mais de mon point de vue, il se lit « Sauve moi ». Pour moi, ça signifie que les autres voient cette personne qui a l’air d’aller bien, mais, qu’en réalité, elle ne va pas bien du tout. Ça me rappelle que les gens qui peuvent avoir l’air d’aller bien, peuvent en fait être en plein combat contre eux-même.

Pour moi, la dépression c’est les jours où je me sens triste sans raison.

La dépression, c’est les matins où je suis incapable de sortir du lit.

La dépression, c’est dormir trop ou dormir trop peu.

La dépression, c’est les devoirs que je n’ai jamais rendu, tout simplement car je ne m’en sentais pas capable.

La dépression, c’est quand je m’effondre pour rien du tout.

La dépression, c’est manger trop ou manger trop peu.

La dépression, c’est les nuits où je me mets à pleurer car je me sens bouleversée, même si tout va bien.

La dépression, c’est la boule que j’ai au ventre tout le temps.

La dépression, c’est le besoin permanent d’être distraite (d’être sur les réseaux sociaux, de jouer aux jeux vidéo, de regarder un film, une émission, ou de travailler tout le temps) car je ne peux pas faire confiance à mes pensées plus de trois minutes.

La dépression, c’est les pleurs car je ne sais pas pourquoi je me sens si inutile, quand je sais que je devrais être heureuse.

C’est l’une des choses les plus difficiles à confier car c’est extrêmement dur pour moi de me sentir vulnérable… Mais je devais en parler. Une maladie mentale c’est sérieux, mais si honteux dans notre société. Nous portons tant d’attention à notre santé physique, mais trop peu à notre état de santé mental. Et c’est un vrai gâchis. Une maladie mentale, ce n’est pas un choix et ça peut toucher tout le monde à un moment de sa vie. Alors, si c’est un si gros problème, pourquoi n’en parlons nous pas?

Voilà pourquoi je me suis fait faire ce tatouage: les tatouages sont parfait pour entamer une discussion. Cela me force à parler de ma lutte intérieure contre la dépression, l’anxiété, ou des autres maladies mentales. Je suis peut-être seule, mais une personne seule peut en sauver une autre… Et c’est tout ce que je demande.

C’est peut-être pour ça que je suis si intéressée par la psychologie. Je veux aider les gens qui se sentent comme je l’ai été – et le suis toujours – car c’est l’enfer. Je ne souhaite ça à personne, conclut Bekah avant de citer Robin Williams qui souffrait lui aussi de dépression: « Je pense que les gens les plus tristes sont ceux qui essaient de rendre les gens le plus heureux, car ils savent ce que c’est de se sentir complètement inutile, sans valeur et ils ne veulent pas que quelqu’un d’autre se sente ainsi. »

La photo et la légende qui l’accompagne sont devenues virales en quelques semaines : le post a recueilli à ce jour près de 500.000 likes et quasi autant de partages. C’est que la jeune fille parvient à parler d’une maladie aussi courante que mal perçue : « Une maladie mentale c’est sérieux, mais si honteux dans notre société. Nous portons tant d’attention à notre santé physique, mais trop peu à notre état de santé mental. Et c’est un vrai gâchis. Une maladie mentale, ce n’est pas un choix et ça peut toucher tout le monde à un moment de sa vie. Alors, si c’est un si gros problème, pourquoi n’en parlons nous pas? », interpelle-t-elle ses parents.

Ce n’est pas le premier tatouage qui entend délivrer un message sur la dépression. Le plus répandu est peut-être celui représentant un point-virgule tatoué sur le poignet. À l’origine de ce phénomène, le Project Semicolon (qui signifie littéralement « projet point-virgule »), un « mouvement à but non lucratif basé sur la confession, qui vise à encourager, à aimer et à inspirer » les personnes en proie à la dépression, la toxicomanie, l’automutilation ou le désir de suicide. Le signe de ponctuation entend symboliser le fait qu’ils « auraient pu choisir de mettre fin à leur peine, mais qu’ils ont décidé de ne pas le faire ». Le projet a débuté au printemps 2013, lorsque sa fondatrice a souhaité rendre hommage à son père qui s’était suicidé.

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Source : LeSoir.be

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