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De la construction d’autoroutes ou de lignes TGV, au déploiement de lignes à haute tension, jusqu’à la transformation de magasins dans un quartier chic de Paris : les conflits locaux opposant riverains, notables locaux, administration et aménageurs sont de plus en plus fréquents. Aux Etats-Unis ce type de situations a été désigné par la théorie du « syndrome Nimby » (« Not in my backyard », pour « pas dans mon jardin », et implicitement « dans celui du voisin si vous voulez »). Selon cette interprétation, tout équipement collectif créant des nuisances pour les riverains, la réaction naturelle de ces derniers sera de s’y opposer et d’exiger qu’il se fasse ailleurs.

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Le phénomène

  • d’origine des impacts reliés à l’industrialisation et au développement urbain;
  • il se transforme ensuite en un problème de communication et de perception;
  • pour finalement devenir un phénomène de résistance sociale complexe et omniprésent en raison de diverses influences d’ordre sociopolitique.

Dans le sillage de ces préoccupations, le phénomène Nimby a gagné de nouveaux acronymes comme le Lulu pour local unwanted land uses («utilisation foncière localement indésirable»), le Banana (build absolutely nothing anywhere near anyone, c’est-à-dire «ne rien construire nulle part près de quiconque») ou le Noos (not on our street, «pas dans notre rue»)… Peu importent les termes, ils renvoient dans tous les cas à une réaction (au sens propre) locale. Les gens se replient sur eux-même à en oublier le bien collectif.

Les solutions

Les moyens

  • Planification en prévoyant les répercussions à long terme
  • Élaboration de critères d’emplacement tenant compte de toutes les considérations : économiques, techniques, sociales, politiques, environnementales, etc.
  • Mécanismes d’information, de consultation et de participation, au moment de la planification d’un projet
  • Utilisation de différents modes de communication : formels-informels, et de divers types d’information : techniques et vulgarisés
  • Implication de sources externes et représentatives pour étudier les dossiers et diffuser l’information

Les attitudes

  • Ouverture, transparence et disponibilité
  • Climat d’échange et de non-confrontation
  • Attitude proactive et non réactive orientée vers les solutions
  • Respect mutuel entre les intervenants – concertation
  • Attitude de compromis

Pour résumer, il est primordial de :

  • adopter une attitude proactive plutôt que réactive. Par exemple, il ne faut pas que le promoteur pense que l’information et la participation servent juste à alimenter l’opposition et que les groupes rejettent d’emblée l’information du promoteur parce qu’elle est biaisée.
  • amorcer le dialogue tôt dans l’élaboration du projet; ce qui permet de bonifier le projet.
  • favoriser les échanges réguliers; ce qui permet d’en arriver à un sens commun.
  • être ouvert à la concertation pour arriver à des solutions qui tiennent compte de toutes les dimensions.

Les réactions sociales de résistance sont normales et positives. Elles sont le reflet d’une société démocratique et dynamique, elles agissent un peu comme un filtre, une sorte d’auto-contrôle.

Il est vrai qu’actuellement, le phénomène de résistance est omniprésent. Mais il ne faut surtout pas le craindre parce que nous risquons la paralysie. Chaque groupe de la société doit prendre ses responsabilités.

Par une attitude ouverte et en rétablissant un climat de confiance et de concertation, nous pouvons relever le défi.

Il faut dépasser le stade de la dramatisation et de la politisation des discussions.

L’unanimité est impossible, c’est le sens commun qu’il faut rechercher.

 

Pour conclure, rappelons simplement que tout processus démocratique, par son essence même, implique le respect mutuel de tous les membres d’une communauté.

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